Pour différentes raisons, l’association s’est arrêtée sur le nom « Ecaussystème ». Tout d’abord, pour sa référence au Causse relatif à la région et au « Système » reflet du fort esprit familial qui se dégage de cette association. Ajoutant à cela le contexte rural de Gignac, ce nom rappelle avant tout le terme d’écosystème et de ce fait, notre rapport à la nature et à sa protection. C’est pourquoi, nous pouvons sans conteste avancer que l’éthique Ecaussystèmienne est constituée de deux forts piliers : la Culture et l’Ecocitoyenneté.
C’est durant le Festival l’Ecaussystème que la majorité des actions de notre politique de développement durable se mettent en place : des démarches d’écoconception événementielle visant la gestion et la réduction de notre impact environnemental dans le respect des trois piliers du développement durable.
Pour cela, nous avons mis en place depuis 4 ans, un système de gobelets uniques consignés. Nous en possédons environ 8.000, non ciglés, pour éviter que les festivaliers ne les conservent : certes c’est un beau souvenir pour le spectateur, mais malheureusement pas pour la planète. En 2008 (les gobelets étaient encore ciglés), le pourcentage de non-retour/perte était de 40%. Cette année, celuici s’élève à 15%. Nous espérons le réduire encore en 2011.
Petite nouveauté en 2010, un partenariat avec l’association Planète
Urgence a été mis en place, « Un gobelet pour la planète » :
le festivalier avait le choix entre récupérer ses 2€ de
consigne à la fin du concert ou donner son gobelet à l’association.
Au total, plus de 2.000 gobelets ont été récoltés,
soit près de 4.096€, directement utilisés pour des actions
menées par cette association :
- Distribution de Kits Scolaires pour le soutien à l’éducation
au Sud ; - Reforestation dans 3 pays parmi les plus sinistrés au monde
pour appuyer le développement des communautés locales ; - Aide à la
reconstruction d’Haïti et soutien au développement agro-forestier.
Pour la 9ème édition, nous réfléchissons quant à la reconduction voir l’extension de cette démarche à la fois utile et symbolique.

En 2009, nous avions sollicité l’aide et l’intervention
de l’association « Les Connexions ». Riches de cet apprentissage,
cette année, nous avons entrepris cette démarche de tri sélectif
des déchets, de façon autonome tant matériellement qu’humainement.
La collecte est basée sur la disposition de points de collecte via des
bidons industriels, comprenant 3 éléments : 1 pour le recyclable,
1 pour le « tout venant », 1 pour le verre. Le but est de proposer
un maximum de points de tri sur le site concert, dans le village, le camping
et les parkings. Un ramassage régulier tout au long de l’évènement
est assuré par les 15 bénévoles, motivés et rigoureux,
de notre association. Une équipe est en outre chargée de distribuer
des sacs poubelle à l’entrée du parking avec un code couleur
généralisé permettant d’orienter le tri. Soulignons
que cette démarche est menée en externe auprès des festivaliers
mais également en interne auprès des 260 bénévoles,
techniciens, prestataires et artistes. Et bien évidemment, l’action
de récolte et de tri des déchets se termine quelques jours après
le festival, une fois que le nettoyage de tous les sites est complet.
Matériel utilisé : 120 fûts industriels 200L - 3 containers
verre - 5 géobox - sacs plastiques à distribuer aux festivaliers
(3 différents : OM « tout venant » + tri + verre) - 20 contenants
sur roulettes (400L) - 4 bennes 30m3 - signalétique interne avec système
de codes couleur - équipement équipe : combinaisons, chapeaux,
etc. Nous avons développé la sensibilisation du public, de façon
sérieuse mais également festive : l’équipe de tri,
parée d’un costume a défilé dans tout l’espace
concert, afin d’apporter un regard ludique et festif sur leurs missions.
Voici les chiffres de 2010 (semaine de préparation + week-end du festival
+ semaine de rangement :
1,9 T d’OM / 0,43 T de recyclable / 2,14 T de verre Un total de 4,5 T
de déchets ? 95% de tri
Pour la 9ème édition de 2011, nous souhaitons bien évidemment renforcer et pérenniser notre démarche autonome de récolte et de tri des déchets. Pour cela, nous devons mettre l’accent sur le matériel, le partenariat et également la sensibilisation du public. Nous devons garder l’esprit ludique et festif pour sensibiliser au mieux les festivaliers. Une animation avec un tracteur et une remorque sono diffusant de la musique et des messages « tri sélectif » est envisagée.
En 2010, nous avons développé un solide partenariat avec le Syded du Lot et la Communauté de Communes du Pays de Martel, qui se sont occupés de nos déchets après le festival. En ce qui concerne les « autres déchets », ceux-ci subissent un traitement plus spécifique : les restes alimentaires sont donnés aux élevages porcins de la commune. Les agriculteurs locaux récupèrent également les huiles de friture et les réutilisent (après filtrage) pour le fonctionnement de leurs machines agricoles.
Nous informons et incitons les festivaliers à recourir au co-voiturage
via notre partenariat avec 123envoiture.com. Nous communiquons sur cette démarche
via notre site internet et dans tous nos supports de communication. Chaque
année, nous incitons le festivalier à l’hébergement
in situ : mise en place d’un camping gratuit doté de sanitaires
(douches et toilettes sèches). Incitation en amont via le site internet
et les supports de communication, puis pendant le festival dès l’accueil
sur les parkings et par l’intermédiaire de messages scéniques.
En 2010, nous avons doublé le nombre de douches et rajouté 3
toilettes sèches sur le camping.
Pour 2011, nous allons tenter d'optimiser les démarches d'utilisation
des transports en commun, en complément toujours du co-voiturage.
En ce qui concerne l’eau, nous utilisons des toilettes sèches (un total de 20 blocs + urinoirs) pour l’ensemble du festival (parkings, campings, site concert) depuis 5 ans. En 2010, nous avons de nouveau fait appel à l’association « Le Battement d’Ailes » qui fournit 8 blocs, gère l’installation, la décoration et l’animation de ce dispositif. Cette équipe est composée d’une dizaine de personnes que nous hébergeons et nourrissons durant 5 jours. Nous assurons l’approvisionnement de copeaux, la mise à disposition de bennes d’enlèvement. Les copeaux usagers sont ensuite acheminés sur des aires de stockage dans des fermes locales. Le tout est ensuite épandu dans les cultures au bout de 3 ans. Pour 2011, l’idée est de progresser sur la voie de l’autogestion. Nous nous heurtons encore aux mêmes difficultés que pour 2010 : la problématique du lieu de stockage et la difficulté de mise en place d’une équipe de bénévoles.

En ce qui concerne l’énergie, ce point reste une grosse problématique, l’évènementiel étant très énergivore. En 2008, nous avons investi avec la Commune de Gignac, 5.000 € dans le remplacement du transformateur électrique. Cet investissement nous a permis de diviser par 2 le nombre de groupes électrogènes nécessaires. En 2009, nous avons réalisé des travaux d’enfouissement de lignes lors d’une journée organisée avec les bénévoles. Aujourd’hui, l’équipement du site se fait avec des appareils basse consommation. L’objectif 2011 serait de renforcer l’équipement du site en appareils de ce type. Concernant les systèmes utilisant des énergies renouvelables, la difficulté réside dans le fait que nous occupons le terrain d’un privé.
Visant la réduction de l’utilisation de papier et d’encres,
notre bureautique et communication interne sont essentiellement informatique
et nous utilisons au mieux les supports médias. En ce qui concerne la
communication promotionnelle, l’utilisation de papier et d’encres
est plus difficile à limiter car c’est sa principale voie d’expression.
Mais nous redoublons d’efforts afin de limiter au maximum notre impact
environnemental. Nous privilégions les fournisseurs engagés dans
cette démarche, même s’il n’est pas aisé en
l’espèce d’avoir recours aux circuits courts. Nous continuerons
donc en 2011 à choisir nos fournisseurs en tenant compte de 3 niveaux
d’exigence :
1er niveau - écologique : le papier doit être recyclé à 100%,
le papier doit être blanchi sans chlore, les encres utilisées
doivent être d’origines végétales ; 2ème niveau
- citoyen : label Imprim’Vert ou Reflexnature ; 3ème niveau -
responsable : label PEFC (impression sur du papier issu de forêts gérées
durablement).
Notre imprimeur possède de ce fait le label Imprim’Vert ; décerné par
la fédération de l'imprimerie et de la communication, il récompense
des entreprises qui respectent 3 points clés :
La bonne gestion des déchets dangereux ; La sécurisation des
stockages de produits dangereux (neuf et déchets en attente d'être
collectés) afin d'éviter tout risque de pollution accidentelle
; L'exclusion des produits toxiques (étiquetés avec une tête
de mort) des ateliers.
Et nous mutualisons l’impression de nos supports de communication : en
2008 et 2009, nous avons fait des flyers en commun avec Skabazac et Chanteix
(baisse du coût de l’impression, communication commune, économie
en énergie pour la distribution, diminution de la quantité de
papier utilisé, etc).
Afin de favoriser des circuits courts, nous privilégions au maximum la saisonnalité des produits, les producteurs locaux et régionaux, et enfin, l’agriculture biologique et le commerce équitable dans la mesure du possible. Nous avons d’ailleurs un partenariat avec l’organisme « Ehka Cola » via lequel nous vendons su soda équitable.
Nous souhaitons le plus possible faire appel à des prestataires locaux, dans un souci de solidarité, d’économie locale et de limitation de notre empreinte énergétique.
Nous allons tenter d'établir le « Bilan ADERE » du Festival
:
Bilan ADERE = Auto Diagnostic Environnemental pour les Responsables d’Evénements,
mis en place en 2009 par l’ADEME ainsi que différentes associations
(Anaé, Fondation Nicolas Hulot, Méduli Nature, Ufolep, Moutain
Rider).
Nous avons également pour objectifs d’élargir notre champ
partenarial dans ce domaine, de façons responsable et durable.
Enfin, soulignons que l’association Ecaussystème est intervenue à la
Maison de l’Environnement de Toulouse le 9 novembre 2010, lors de la
rencontre technique coordonnée par l’ARPE (Guide méthodologique
d’accompagnement vers l’éco-responsabilité des manifestations
pour les organisateurs d’événements en Midi-Pyrénées)
sur l’écoresponsabilité des manifestations culturelles
et sportives. Ce rendez-vous est nouveau et il sera désormais reconduit
chaque année. N'oublions pas la présence d'Ecaussystème
durant la semaine du Développement Durable à Brive (1ère
semaine d'avril).